Au Tadjikistan, un projet pilote de télémédecine pour améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales isolées

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  • Publié le
    31 août 2026

De février à mai 2026, un projet pilote de télémédecine a été déployé dans cinq centres de santé ruraux du district d’Asht, au Tadjikistan. Financé par le gouvernement français, par l’intermédiaire de l’Ambassade de France au Tadjikistan, et complété par un financement de Sanofi GHU pour intégrer une composante dédiée au diabète, le projet a permis de rapprocher les patients isolés des médecins généralistes et spécialistes du Centre régional de santé d’Asht.

Réduire les distances pour améliorer l’accès aux soins

Dans certaines zones rurales du Tadjikistan, l’éloignement géographique, les infrastructures limitées et les conditions de circulation peuvent constituer des obstacles importants à l’accès aux soins, en particulier aux consultations spécialisées.

Pour répondre à cet enjeu, le gouvernement français, via l’Ambassade de France au Tadjikistan, a financé la mise en œuvre d’un pilote de service de téléconsultation confié à C3Medical Consulting.

Le dispositif reposait sur une valise de télémédecine mobile, équipée d’instruments médicaux connectés permettant aux médecins de réaliser à distance une véritable consultation clinique : stéthoscope, otoscope, caméra, dermatoscope, ECG, échographe, et dispositifs de mesure au point de soins.

Pendant quatre mois, la valise a circulé selon un planning établi avec les équipes locales entre cinq centres de santé, permettant aux patients de bénéficier de consultations à distance avec les médecins du Centre régional de santé d’Asht, sans avoir à parcourir de longues distances.

Une composante dédiée au dépistage et au suivi du diabète

Le financement de Sanofi GHU est venu compléter le dispositif avec une composante spécifiquement consacrée au diabète.

La valise a ainsi été équipée d’un analyseur d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et d’un glucomètre, permettant aux équipes locales de réaliser des mesures directement sur le terrain. Des consultations d’endocrinologie ont également été intégrées au programme afin de faciliter l’accès à une expertise spécialisée.

En parallèle, un programme d’information et de sensibilisation au dépistage des maladies non transmissibles a été déployé à l’échelle du district, avec un accent particulier sur le diabète.

Cette approche a permis d’associer dépistage, orientation, consultation spécialisée et suivi, dans une logique de parcours de soins au plus près des populations.

Des résultats qui confirment le potentiel du modèle

La phase clinique active du projet s’est déroulée du 24 février au 29 mai 2026, avec 42 jours opérationnels.

Au total :

  • 372 téléconsultations ont été réalisées en toute sécurité, soit une moyenne de 9 téléconsultations par jour ouvré ;
  • 800 tests individuels de dépistage du diabète ont été effectués ;
  • 27 consultations d’endocrinologie ont été réalisées ;
  • les patients ont pu bénéficier de consultations en cardiologie, endocrinologie, neurologie, ORL, urologie et médecine générale ;
  • la télémédecine a permis de couvrir 87 % des besoins de consultation nécessitant l’utilisation des instruments médicaux disponibles.

Les retours des patients sont également particulièrement encourageants. Une enquête menée auprès d’un échantillon de 10 % des téléconsultations a fait ressortir une acceptation de 100 % du service parmi les personnes interrogées. Par ailleurs, 100 % des répondants ont indiqué avoir bénéficié d’une consultation plus rapidement grâce au dispositif.

Ces résultats montrent que, même dans un contexte rural, montagneux et isolé, la télémédecine peut constituer un levier concret pour réduire les délais et les contraintes liés à la distance, tout en facilitant l’accès à des compétences médicales spécialisées.

Un projet qui repose aussi sur le transfert de compétences

Au-delà du déploiement technologique, le projet a été conçu pour favoriser l’appropriation durable de la solution par les équipes locales.

Des médecins et infirmiers ont été formés à l’utilisation de la valise et de ses différents dispositifs médicaux. Une infirmière dédiée assurait le transport de l’équipement entre les centres de santé, l’accueil des patients et la manipulation des instruments pendant les consultations à distance.

Les équipes ont également bénéficié d’une plateforme de formation continue et de supports en langue russe. Un accompagnement à distance a été assuré tout au long du projet afin de répondre aux questions opérationnelles et de soutenir les équipes dans leur utilisation quotidienne de la solution.

Cette dimension de transfert de compétences constitue un élément essentiel du projet : l’objectif n’était pas uniquement d’introduire une nouvelle technologie, mais de contribuer à son intégration dans les pratiques du système de santé local.

Le projet a également démontré l’importance de l’agilité opérationnelle dans des environnements isolés. Lorsque plusieurs centres de santé ont été confrontés à des difficultés d’accès à Internet pendant l’hiver, une solution de connectivité par satellite a notamment été mise en place afin de permettre la reprise rapide des téléconsultations.

Un pilote qui ouvre la voie à un changement d’échelle

Ce projet pilote avait pour objectif de démontrer l’impact de la télémédecine sur l’accès aux soins dans les zones rurales isolées du Tadjikistan. Les résultats obtenus et l’accueil très positif de la solution par les patients et les professionnels de santé constituent aujourd’hui une base solide pour envisager la suite.

Le pilote est désormais achevé, mais l’ambition se poursuit : développer et étendre ce service afin de permettre à davantage de populations isolées au Tadjikistan de bénéficier d’un accès facilité aux soins primaires et spécialisés.

Cette première expérience confirme le potentiel d’un modèle associant technologie, expertise médicale, formation des équipes locales et accompagnement opérationnel, au service d’un objectif commun : rapprocher les soins des populations qui en sont les plus éloignées.

La réussite de ce projet repose sur la mobilisation coordonnée de partenaires institutionnels, financiers, médicaux et techniques.

Nous remercions le gouvernement français, l’Ambassade de France au Tadjikistan, Sanofi GHU, le Centre régional de santé d’Asht, les professionnels de santé locaux et l’ensemble des partenaires techniques et médicaux ayant contribué à la mise en œuvre et à la réussite de ce pilote.

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